Sur la négociation: Getting to Yes
Suite à une épuisante journée de travail, vous entrez chez vous, éreinté. Le simple grincement de la porte vous donne l’impression qu’une délégation syndicale de neurones vient de lâcher prise, et ses membres errent désormais nonchalamment dans la masse informe qui compose votre cerveau. C’est en vous affalant sur votre délicieux divan qu’un autre morceau de votre cortex décide de déserter suite à la cinglante sonnerie de votre téléphone:
- Hey! C’est Untel! (quels parents grossiers appelleraient leur progéniture ainsi?) Je voulais juste t’inviter à souper demain, je vais faire de la lasagne! Oh, et en passant, bon show!
Le souvenir vous frappe comme la découverte d’une requête SQL passée en texte pur dans une URL; vous avez un spectacle ce soir! Et l’artiste en représentation est justement le préféré d’Untel. L’appel de votre lit vous ayant déjà convaincu, vous décidez ne pas y aller, et de vendre vos billets.
- Bah, dites-vous en soupirant, je suis complètement à terre. Les billets t’intéressent?
***
À partir d’ici vous imaginerez sans problème les complications. Vous avez payé ces billets un prix effarant, et votre ami vous remercie de les lui donner si gentiment. Vous n’êtes pas matérialiste, mais vous connaissez la valeur de ces billets à l’achat, et encore plus combien ils se vendent devant l’édifice lui-même! Nous vivons tous des négociations comme celles-ci, que ça soit au sujet de notre salaire, du prix de vente d’une maison ou simplement de l’achat d’un vieux meuble à un ami. C’est facile de toujours donner au nom “d’une meilleure relation”, mais cela aide-t-il vraiment? Créer une telle image de soi peut brimer sa confiance en soi, et aussi donner une impression de faiblesse, de peu de volonté. De plus, vous en sortez perdant! D’un autre côté, forcer les autres à capituler à vos volontés n’est pas mieux non plus. Comment, alors, arriver à une entente dans laquelle vous êtes gagnant et conservez de bonnes relations à long terme avec autrui?
À travers des explications concises et claires, et d’excellents exemples, Getting to Yes : Negociating Agreement Without Giving In de Roger Fisher, William L. Ury, Bruce Patton et Bruce Patton du Harvard Negociation Project est un livre qui vous aidera à mieux comprendre les implications et techniques de négociations qui vous aideront à atteindre vos objectifs avec les autres. Comment dévier les attaques, établir des stratégies d’ententes, comprendre les vraies sujets en jeu et découvrir des solutions qui peuvent faire gagner les deux parties à la fois, malgré l’apparence d’une ressource que l’on doit nécessairement séparer. Cet ouvrage étend à merveille le livre Difficult Conversations: How to Discuss what Matters Most de Douglas Stone, Bruce Patton, Sheila Heen et Roger Fisher, aussi du Harvard Negociation Project dans l’optique où une négocation est en effet une discussion difficile, simplement orientée vers une entente plutôt qu’une résolution plus générale.
Je dois dire qu’il est très difficile d’appliquer les connaissances de ces livres. Une implication personnelle majeure doit être levée, ainsi qu’un effort soutenu. Vous n’y trouverez pas de “quick fix” à vos problèmes, ou de phrases magiques à dire à un vendeur. Les changements à opérer sont beaucoup plus profonds, et infiniment plus efficaces à long terme, et ils en valent vraiment la peine. Je vois déjà les impacts dans ma vie personnelle et professionnelle, et je commence à comprendre des concepts qui me passaient sous le nez tous les jours. Je crois donc fermement à la valeur de cet investissement personnel, et vous le conseille sans hésitation.
Prochaine revue (je suis bien parti) The 7 Habits of Highly Effective People : Powerful Lessons in Personal Change de Stephen R. Covey!
Christian Rondeau
décembre 11th, 2006 at 6:14
Qui peut me dire s’il existe une traduction en français de ce livre.
décembre 11th, 2006 at 11:28
Je crois que le titre français est “Comment réussir une négociation”. J’ai trouvé ce lien sur amazon.fr
Ce sont les mêmes auteurs, la même date de parution et le même contenu, j’ose donc croire qu’il s’agit d’une traduction du même livre!